Interdites à la vente depuis février 2025, les puffs jetables continuent pourtant de circuler, et leurs effets sur l’organisme ne disparaissent pas avec leur interdiction. Chez les jeunes notamment, la consommation de vapoteuses a progressé à mesure que le tabac classique reculait. Ce glissement discret mérite d’être regardé de près, notamment du côté de la santé bucco-dentaire.

Ce que la puff fait à votre bouche

Le propylène glycol contenu dans les vapoteuses provoque une sécheresse buccale chronique (xérostomie). Moins de salive, c’est moins de protection naturelle contre les bactéries : le risque de caries augmente, les gencives s’enflamment plus facilement, et la plaque dentaire s’installe plus vite. La nicotine aggrave le tableau en réduisant l’irrigation des capillaires gingivaux, ce qui fragilise les tissus. Résultat : les premiers signes de gingivite peuvent passer inaperçus, masqués par cet effet vasoconstricteur, jusqu’à ce que la situation devienne plus sérieuse.

Les professionnels identifient plusieurs signes associés à une consommation régulière de vapoteuse : taches dentaires, altération de l’émail, inflammation des gencives, sécheresse persistante. Autant de signaux qui, en consultation dentaire, peuvent orienter vers une consommation non déclarée. C’est d’ailleurs une raison supplémentaire d’en parler à son médecin : la page puff de Medilax.fr rappelle que la nicotine peut interagir avec certains médicaments, et qu’un suivi adapté commence par une déclaration honnête en consultation, protégée par le secret médical. 

Une consommation qui grimpe chez les jeunes

Les chiffres de l’enquête EnCLASS 2024 (OFDT) sont clairs : 39,4 % des lycéens ont déjà expérimenté une puff, et l’usage quotidien du vapotage a presque doublé en deux ans, passant de 3,8 % à 6,8 % entre 2022 et 2024. Chez les collégiens, 16,6 % ont également essayé. Ce qui inquiète les spécialistes, c’est que pour près d’un jeune consommateur sur deux (47 %), la puff a constitué la toute première expérience avec la nicotine. La cigarette recule, mais la dépendance nicotinique change simplement de support.

Les sels de nicotine présents dans ces dispositifs atteignent le cerveau en moins de dix secondes, créant une dépendance particulièrement rapide. Chez les mineurs, dont le cerveau est encore en développement, cela peut perturber durablement les zones liées à l’attention et au contrôle émotionnel.

Une interdiction qui ne règle pas tout

La loi n° 2025-175, promulguée le 24 février 2025, interdit la commercialisation des puffs jetables en France, avec des sanctions pouvant atteindre 100 000 euros à la première infraction. Mais son application reste lacunaire : des produits circulent encore dans certains points de vente, et des dispositifs rechargeables aux arômes sucrés et au packaging coloré ont pris le relais en toute légalité, avec un profil de risque comparable.

Face à ces contournements, la vigilance reste de mise, surtout pour les parents et les professionnels de santé. Déclarer sa consommation à son médecin ou à son dentiste n’est pas un aveu, c’est une information clinique utile qui permet un suivi adapté.