Depuis le 26 février 2025, la vente de cigarettes électroniques jetables est officiellement interdite en France. Une loi votée rapidement, avec des objectifs clairs, mais dont les effets sur le terrain restent à nuancer. Pour les nombreux utilisateurs de puffs, la question qui suit est immédiate : vers quoi se tourner ?

Une interdiction rapide, des sanctions sévères

La loi n° 2025-175 du 24 février 2025 a mis fin à la vente, la détention en vue de la vente et la distribution gratuite des dispositifs de vapotage préremplis et non rechargeables, ce que le texte désigne sous l’acronyme DEVU. Publiée au Journal officiel, elle est entrée en vigueur dès le 26 février, sans le délai de six mois initialement prévu. Les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre 200 000 euros.

La France devient ainsi le deuxième pays de l’Union européenne à franchir ce pas, après la Belgique. Les motivations sont doubles : protéger les jeunes, particulièrement exposés à ces produits très accessibles, et réduire les déchets électroniques engendrés par des appareils conçus pour être jetés après usage.

Les chiffres de l’OFDT pour 2024, recueillis avant l’interdiction, illustrent l’ampleur du phénomène chez les adolescents : 39,4 % des lycéens avaient déjà expérimenté une puff, et 16,6 % des collégiens également. Ces données constituent une photographie pré-interdiction — aucun chiffre officiel post-loi n’est encore disponible à ce jour.

L’interdiction a-t-elle vraiment changé les habitudes ?

Sur le papier, la loi est claire. Dans les faits, c’est plus contrasté. Quelques semaines seulement après l’entrée en vigueur du texte, des saisies massives ont eu lieu dans plusieurs villes : Cambrai, Toulon, Gap, Saint-Ouen, où près de 3 200 puffs ont été confisquées en un seul contrôle aux puces. Six mois après l’interdiction, un contrôle portant sur 210 épiceries parisiennes a révélé que 64 d’entre elles proposaient encore ces produits illégalement.

La vente s’est aussi déplacée vers les réseaux sociaux — TikTok, Snapchat, Telegram — avec des livraisons organisées entre particuliers, notamment en milieu lycéen. Le problème sanitaire y est amplifié : les puffs issues du marché noir échappent à tout contrôle, avec des teneurs en nicotine pouvant dépasser les maximums légaux et des composants de qualité incertaine.

Quelles alternatives pour les anciens utilisateurs de puffs ?

Contrairement à une puff, une cigarette électronique rechargeable demande un minimum d’entretien : remplir le réservoir, recharger la batterie, et surtout remplacer régulièrement la résistance (aussi appelée mèche) quand un goût brûlé ou une vapeur diminuée apparaissent. Ce geste, simple une fois appris, est la clé d’un appareil qui fonctionne bien sur la durée.

Le pod rechargeable est aujourd’hui l’alternative la plus proche de l’expérience puff : format compact, arômes disponibles, utilisation des sels de nicotine. Sur la durée, il revient environ 80 % moins cher qu’une consommation régulière de jetables. Les modèles de nouvelle génération intègrent des résistances « Mesh » qui améliorent la restitution des arômes. Pour ceux qui souhaitent encore plus de souplesse, les kits à e-liquide permettent d’ajuster librement le taux de nicotine et les parfums.

Le passage à un appareil rechargeable représente un changement d’habitude, pas une contrainte insurmontable. Et pour les vapoteurs qui souhaitent en savoir plus sur les questions de santé liées au vapotage, les ressources disponibles se sont nettement étoffées depuis l’interdiction.