Le portage salarial offre un statut protecteur, mais la protection sociale reste un angle mort pour beaucoup de consultants. Depuis le 1er avril 2025, les règles de calcul des indemnités journalières ont changé en profondeur, avec un plafond abaissé qui touche directement les portés dont la rémunération dépasse un certain seuil. Autant savoir exactement à quoi s’attendre avant d’être confronté à un arrêt maladie.
Un plafond d’indemnisation revu à la baisse depuis 2025
Jusqu’en mars 2025, les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) étaient calculées sur la base d’un plafond fixé à 1,8 fois le SMIC mensuel. Le décret du 20 février 2025 a ramené ce plafond à 1,4 SMIC, applicable à partir du 1er avril 2025. Résultat concret : depuis juillet 2026, après la revalorisation du SMIC à 12,31 euros de l’heure, le maximum légal s’établit à 42,97 euros par jour, contre 60,90 euros en 2024. La formule reste la même, 50 % du salaire journalier de base (salaire brut des trois derniers mois divisé par 91,25), mais le plafond s’applique bien plus tôt. Un consultant porté percevant 3 400 euros bruts par mois ne sera pas mieux indemnisé que celui qui en gagne 2 614. C’est précisément pour anticiper cet écart qu’une simulation portage salarial s’avère utile : en croisant son taux journalier moyen, le nombre de jours facturés et les règles actualisées, on mesure l’écart réel entre sa rémunération habituelle et ce que la Sécurité sociale versera effectivement.
À noter : trois jours de carence restent non indemnisés, comme pour tout salarié du secteur privé. Et les IJSS sont soumises à la CSG et à la CRDS, ce qui réduit encore légèrement le montant perçu.
La prévoyance collective : une couverture obligatoire, mais inégale
En portage salarial, la prévoyance collective est obligatoire depuis 2016, imposée par la convention collective de branche. Elle peut compléter les IJSS, réduire l’impact du délai de carence ou avancer les indemnités via la subrogation, certaines sociétés récupérant directement les sommes auprès de la CPAM pour éviter toute rupture de trésorerie au salarié porté. Mais la réalité du terrain est nuancée : selon le Rapport de branche 2025, 60 % des entreprises de portage n’avaient pas encore mis en place de dispositif d’épargne salariale complet en 2024. Le niveau de couverture, le délai de franchise et la durée maximale d’indemnisation varient sensiblement d’une société à l’autre. Le statut de salarié porté ouvre des droits réels, mais il ne garantit pas une protection uniforme.
Pour ouvrir ses droits aux IJSS, il faut par ailleurs remplir l’une des deux conditions suivantes : avoir travaillé au moins 150 heures au cours des trois derniers mois, ou avoir perçu une rémunération équivalente à 1 015 fois le SMIC horaire sur les six mois précédant l’arrêt. Les consultants ayant des mois d’activité irrégulière, des périodes creuses ou un démarrage récent peuvent donc se retrouver avec une base de calcul bien inférieure à leur revenu habituel.
Un secteur qui grandit, mais des protections à vérifier avant de signer
Le portage salarial pèse désormais 2,05 milliards d’euros de chiffre d’affaires et compte plus de 43 000 salariés portés actifs, dont 67 % en CDI. Le modèle séduit des profils de plus en plus jeunes, et 57 % des portés résident hors Île-de-France. Cette maturité du secteur ne doit pas masquer la nécessité de comparer les offres, notamment sur le terrain de la protection sociale. Avant de rejoindre une société de portage, vérifier les conditions de la prévoyance collective reste aussi important que négocier son taux journalier. Pour aller plus loin sur ces sujets liés au travail indépendant, le blog de Libelabo aborde régulièrement les enjeux du statut et de la protection des freelances.


