La sécurité privée est l’un des secteurs les plus dynamiques de France, avec un chiffre d’affaires qui dépasse désormais les 12 milliards d’euros et plus de 200 000 salariés. Pourtant, les femmes n’y représentent encore que 14 à 15 % des effectifs. Ce déséquilibre est en train de changer, sous l’effet conjugué d’une pénurie de main-d’œuvre, d’obligations légales et d’une reconnaissance croissante des profils féminins sur le terrain.
Un secteur sous tension qui se tourne vers les femmes
La préparation aux Jeux Olympiques de Paris 2024 a mis le secteur sous forte pression : jusqu’à 22 000 agents mobilisés par jour au pic de l’événement, et 88 000 cartes professionnelles délivrées cette année-là, un record. Depuis, les tensions de recrutement ne se sont pas résorbées. La Fédération Française de la Sécurité Privée (FFSP) a lancé une campagne nationale, avec le soutien du ministère de l’Intérieur et de France Travail, pour attirer davantage de femmes dans la filière.
Il y a aussi une raison réglementaire concrète. L’article L613-2 du Code de la sécurité intérieure impose que les palpations de sécurité soient effectuées par une personne de même sexe que la personne contrôlée. Sans agentes dans l’équipe, toute mission de filtrage ou de contrôle d’accès devient impossible à mener légalement. C’est pourquoi les employeurs, notamment en événementiel, cherchent activement des candidates. Pour identifier une entreprise de sécurité qui recrute et comprendre les démarches à suivre, les plateformes spécialisées dans l’emploi et la formation constituent un point de départ utile.
Des postes variés, une formation accessible
Contrairement aux idées reçues, le métier ne se résume pas au gardiennage de nuit. Les femmes exercent dans la surveillance vidéo, la sûreté aéroportuaire (où elles représentent près de 46 % des effectifs, une exception dans le secteur), la sécurité événementielle, la protection de site ou encore les postes de chef d’équipe. La progression vers des fonctions d’encadrement est réelle, notamment pour les candidates passées par l’alternance.
Pour exercer légalement, il faut obtenir la carte professionnelle délivrée par le CNAPS, ce qui passe par le TFP APS (Titre à Finalité Professionnelle Agent de Prévention et de Sécurité). La formation dure 175 heures minimum dans un organisme agréé, couvre des modules allant du secourisme à la gestion des conflits en passant par la surveillance électronique, et est finançable via le CPF, France Travail ou un OPCO. Aucun diplôme supérieur n’est requis, mais un casier judiciaire vierge et une autorisation préalable du CNAPS sont indispensables avant d’entrer en formation.
Ce que le secteur attend vraiment
Les professionnels le disent sans détour : la force physique n’est pas le critère premier. La maîtrise de soi, la capacité à désamorcer verbalement une situation tendue, la diplomatie dans les échanges… ce sont ces compétences qui font la différence au quotidien. Les salaires restent proches du SMIC pour environ 80 % des agents, avec des compensations possibles via les heures supplémentaires. Mais pour celles qui s’y investissent, les évolutions sont rapides, surtout dans les grandes structures où des parcours d’encadrement sont formalisés.
La part des femmes dans les contrats en alternance atteint déjà 37 % en apprentissage, bien au-dessus de la moyenne du secteur. Le signal est là : les mentalités bougent, les recruteurs s’adaptent, et les portes d’entrée se multiplient pour celles qui souhaitent se lancer.


