Les cotisations des mutuelles classiques ont encore augmenté en 2025, avec des hausses allant de 5 à 10 % selon les contrats. Pour les ménages aux revenus modestes, un dispositif public méconnu peut pourtant remplacer avantageusement une complémentaire classique : la Complémentaire santé solidaire, ou CSS. Gratuite pour les uns, quasi-gratuite pour les autres, elle couvre pourtant les mêmes besoins.
Un dispositif qui fonctionne comme une vraie mutuelle
La CSS, héritière de l’ancienne CMU-C supprimée en 2019, est une couverture complémentaire financée par l’Assurance maladie. Elle fonctionne exactement comme une mutuelle santé classique : tiers payant intégral, prise en charge des dépassements d’honoraires dans le cadre du 100 % Santé, accès aux équipements optiques, dentaires et auditifs sans reste à charge. En juin 2025, 7,9 millions de personnes en bénéficiaient, dont 6,1 millions à titre entièrement gratuit.
Deux formules existent. La CSS gratuite s’adresse aux foyers dont les ressources annuelles ne dépassent pas 10 421 € pour une personne seule (plafond en vigueur depuis le 1er avril 2026). Au-delà et jusqu’à 14 069 € par an, une participation de 8 à 30 € par mois selon l’âge est demandée. Ces seuils sont revalorisés chaque 1er avril. Pour un couple, le plafond de la CSS gratuite monte à 15 632 €, et à 18 758 € pour trois personnes.
Les bénéficiaires du RSA y accèdent automatiquement, sans démarche à effectuer. Pour les autres, la demande se fait en ligne via ameli.fr, par formulaire Cerfa envoyé à la CPAM, ou directement en agence. Le délai de traitement moyen est inférieur à 17 jours.
Un non-recours massif malgré des améliorations récentes
Selon une estimation de la DREES portant sur 2021, seules 56 % des personnes éligibles à la CSS y avaient effectivement recours — et le taux tombait à 34 % pour la version avec participation financière. Ces chiffres datent, et des travaux d’actualisation sont en cours, mais ils donnent une idée de l’ampleur du phénomène. Plus d’un éligible sur deux passait à côté d’une couverture santé à laquelle il avait droit.
La complexité des démarches, la méconnaissance du dispositif et la stigmatisation associée aux aides sociales sont régulièrement citées parmi les causes. Pour y remédier, une automatisation partielle a été mise en place depuis le 1er juillet 2026 : les caisses d’assurance maladie proposent désormais directement la CSS à certains allocataires, sans que ceux-ci aient à en faire la demande. Le CNLE et un rapport parlementaire d’octobre 2025 recommandent d’étendre cette logique à l’ensemble des bénéficiaires de minima sociaux.
Pour les foyers qui hésitent entre CSS et complémentaire classique, ou qui ne savent pas s’ils sont éligibles, vérifier sa situation au regard des plafonds de ressources est le premier réflexe à avoir.


